``La nourriture et le sacré''
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Églises issues de la réforme
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Devant l'afflux de personnes en situation de grande précarité ou sans domicile, l'Armée du Salut, à Paris, sert tous les soirs près de 400 soupes et sachets repas dans la rue.
L'Armée du Salut, fondée en 1878 par le pasteur méthodiste William Booth, associe à l'évangélisation l'action sociale en faveur des plus démunis selon la formule des trois "S": soupe, savon, salut.
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«
Le jeûne que je préfère, n'est-ce pas ceci: dénouer les liens provenant de la méchanceté, détacher les courroies du joug, renvoyer libres ceux qui ployaient, bref, que vous mettiez en pièces tous les jougs!
N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé? Et encore: les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu'un nu, tu le couvriras: devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas.
»
Esaïe 58, 6-7
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Entre liberté et modération
Dans sa grande diversité, la famille protestante s'appuie sur cette parole de Jésus rapportée dans l'évangile de Marc: «Tous les aliments sont purs.» (7,19) Dès lors, elle adopte dans les faits la tradition culinaire du milieu dans lequel elle se trouve.
La mise en garde contre toute forme d'excès a valu - aux réformés en particulier - une réputation d'austérité. Que rien ne soit impur n'a pas empêché le développement du puritanisme d'origine angla-saxonne: abstinence d'alcool, mais aussi de thé, de café et de tabac.
Si Luther puis Calvin ont maintenu le jeûne pour favoriser la maîtrise de soi, celui-ci n'a pas de valeur méritoire; il tend à disparaître, même si des jeûnes collectifs ont pu être décrétés à l'occasion de guerres, de cataclysmes naturels, de famines ou d'épidémies (en Suisse: Jeûne fédéral). Aujourd'hui, lorsqu'il est pratiqué, le jeûne est essentiellement un choix personnel.
Pour la grande majorité des protestants, y compris les anglicans, la sainte cène - partage du pain et du vin en souvenir du dernier repas de Jésus - marque un temps fort de communion spirituelle avec Dieu et les autres fidèles. C'est aussi une anticipation de la fin des temps présentée par le prophète Esaïe comme un festin pour tous les peuples (25,6).
Illustrations et textes extraits du calendrier interreligieux 2007-2008
© Plate-forme interreligieuse & Enbiro
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