``Ecologie et spiritualité''
| |
| |

Huang Shan, la Montagne Jaune, Chine (province de l'Anhui).
Au Sud-Ouest de Shanghai, non loin du Fleuve jaune, Huang Shan est un chef-d'œuvre de la nature dans lequel se reconnaît l'âme chinoise. Dans ce lieu magique où les pins centenaires s'accrochent à même la roche de pics vertigineux baignés de brumes océanes, des générations de peintres et de poètes ont éprouvé l'alliance profonde que, selon leur cœur, la culture doit nouer avec la nature.
|
|
| |
|
«L'être humain prend modèle sur la terre
La terre prend modèle sur le ciel
Le ciel prend modèle sur le Dao
Le Dao prend modèle sur la nature.»
Lao Zi, Dao De Jing, chapitre 25
|
La nature, ce qui est par soi-même
La nature est immense en Chine, et sa place dans le cœur des Chinois plus grande encore. Son nom zì rán — littéralement «ce qui est par soi-même» — explique qu'elle soit le référent absolu de cette civilisation, sédentaire et agricole, installée depuis toujours sur la même terre.
En prenant modèle sur la continuelle alternance des saisons, les Chinois ont développé le Yin/Yang, dialectique fondatrice de leur mode de penser.
Les confucéens se sont basés sur l'agencement différencié entre le ciel (qui est élevé) et la terre (qui est étendue). Ainsi ont-ils élaboré une conception des relations sociales à la fois hiérarchisées et harmonieuses, liant par des devoirs réciproques les inférieurs (qui doivent être loyaux et réceptifs comme la terre) et les supérieurs (qui doivent être lumineux et sincères comme le ciel).
Les taoïstes, davantage préoccupés par la sérénité du cœur que par la réussite en société, ont cherché — dans le foisonnement vivifiant des manifestations naturelles — les secrets des arts de santé (acupuncture, Tai Ji Quan, Qi Gong, etc.). En outre, dans l'imitation du fonctionnement de la nature (qu'ils ont appelé Dao/Tao), ils ont trouvé le chemin pour s'insérer dans ce vivre universel qui dépasse les humains, les nourrit et les englobe.
À la différence des traditions religieuses qui accordent à l'être humain une place à part dans la nature, la civilisation chinoise lui reconnaît surtout une dignité et une responsabilité spécifiques résumées en ces mots par François Cheng : « participer en troisième à l'œuvre du ciel et de la terre ».
Illustrations et textes extraits du calendrier interreligieux 2008-2009
© Plate-forme interreligieuse & Enbiro
|