``Ecologie et spiritualité''
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Le village himalayen de Gangotri est l'un des lieux les plus sacrés de l'Inde : le Gange prend sa source au glacier qui le domine. Il accueille de nombreux ascètes shivaïtes, dévots du «Seigneur du Kailash».
Ce renonçant, drapé d'orange et pourvu du chignon selon la coutume shivaïte, accomplit une puja, le rituel d'adoration, devant un petit lingam, symbole de son dieu. La vie austère qu'il mène le met en contact direct avec cette nature grandiose ; il en espère la libération définitive du cycle des réincarnations.
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«La Terre, qui comprend la mer, la rivière,
et d'autres courants d'eau,
Où se trouvent la nourriture et des champs de blé,
Où vit tout ce qui respire et bouge,
Qu'Elle nous donne le meilleur de sa récolte!
La Terre, où les eaux communes à tous,
[...] coulent jour et nuit sans faute,
Qu'Elle nous verse du lait en ruisseaux !»
Hymne à la terre extrait de l'Atharva-veda
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Intimité entre l'humain et la nature
Les plus anciennes divinités de l'Inde se manifestent à travers le cosmos et les éléments : Varuna, le dieu souverain, anime le ciel étoilé ; Agni, le dieu-feu, patronne les sacrifices. Au cours des siècles, de nombreux cultes se développent, qui honorent divers aspects de la nature — rivières, arbres, montagnes ou grottes — et en font des buts de pèlerinage. La terre est assimilée au corps de la grande Déesse. Les sommets himalayens constituent les points de jonction entre l'au-delà et l'ici-bas.
L'hindouisme affirme la parenté de l'être humain et de l'univers, leur identité de structure : le monde est un «grand corps», et le corps humain un monde minuscule. Les énergies cosmiques animent les organes et les fonctions de chaque vivant, et la médecine ayurvédique puise à leur source pour rétablir la santé physique et spirituelle. Les grands ascètes n'ont pas craint de vivre dans les jungles touffues, dans les grottes profondes, sur les rives solitaires des fleuves, pour se livrer à une méditation intense qui les conduit à l'union fusionnelle avec la nature et, au-delà, avec le Un suprême.
Aujourd'hui, dans une Inde ouverte à la modernité, les voix des grandes traditions de sagesse continuent de s'élever, au nom de la non-violence, contre la destruction des équilibres naturels. Et tout hindou fervent espère qu'après la crémation rituelle, ses cendres rejoindront le flux du Gange, en un dernier geste symbolique de retour à l'unité originelle.
Illustrations et textes extraits du calendrier interreligieux 2008-2009
© Plate-forme interreligieuse & Enbiro
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