``En quête d'Absolu''
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Sadhu priant et chantant des hymnes (Rishikesh, état d'Uttaranchal, Inde).
Ce "saint homme", assis dans la position du lotus, est un ascète (samnyasin), dévot de Shiva. Ses marques corporelles sont dessinées à la cendre, symbole de mort à la vie mondaine. Il a pu pérégriner dans toute l'Inde, de temple en lieu sacré, avant de se fixer dans cet ermitage au pied de l'Himalaya, dans une région dont la culture a été façonnée par la présence des grands renonçants.
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«Renonçant intérieurement à toute chose, exempt en permanence de tout désir, il [l'ascète] se maintient dans une parfaite égalité d'âme tout en vaquant à ses occupations extérieures. […] Noble dans sa conduite et dans sa physionomie, d'humeur égale, il est comme un océan de douceur et de joie. Son contact est aussi rafraîchissant que celui des
rayons de lune.»
Yogavâsishtha, V 9-17
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Le prestige du renoncement
Les ermites ont toujours existé dans le monde hindou: les plus anciens ont voulu abandonner la perspective exclusivement rituelle prônée par la religion védique au profit d'une spiritualité plus intériorisée. Solitaires ou en petits groupes, ils menaient une existence "sauvage", pratiquaient des formes de yoga extrêmes et on les créditait de grands pouvoirs.
Au cours du premier millénaire de notre ère se sont développés de nombreux ordres d'ascètes dédiés aux différentes divinités hindoues; à la fin du VIIIe siècle, le théologien Shankara initia une réforme pour encadrer ce foisonnement et créer des institutions monastiques masculines.
L'expérience mystique est très fortement valorisée dans l'hindouisme: saints analphabètes qui prêchent la religion du cœur comme Tukârâm (1598-1650), dévots enthousiastes qui abandonnent tous les biens matériels pour se consacrer à la seule adoration de la divinité comme la princesse Mîrâbâî (1498-1546), sages qui se retirent de la société pour se vouer à la méditation comme Ramana Maharshi (1879-1950), ils deviennent des guides spirituels pour ceux qui vivent dans le monde. Leurs enseignements sont pieusement recueillis et appris par cœur, car ils tracent des chemins pour découvrir l'absolu. Dans une culture où l'on croit à la réincarnation, ces hommes et femmes d'exception sont considérés comme des «libérés vivants»: à leur mort, leur âme se fondra définitivement dans l'Être suprême pour connaître un bonheur éternel.
Illustrations et textes extraits du calendrier interreligieux 2009-2010
© Plate-forme interreligieuse & Enbiro
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