Dialogues vécus

Le dialogue est au cœur de la mission de la Plateforme interreligieuse de Genève. Il existe à travers des dialogues vécus (visites intercommunautaires, journées interreligieuses, conférences, panels, etc.), des échanges de points de vue entre les religions sur des thèmes d’actualité, des déclarations publiques.

ACTUALITÉ

Violence et religions, regards croisés

DIALOGUES VECUS

Un reportage de Carrefours TV sur le dialogue interreligieux dans le canton de Vaud

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Week-end d’Assise 2016, Saint -Maurice (Valais)

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DÉCLARATIONS DU COMITÉ OU DU BUREAU DE LA PLATEFORME INTERRELIGIEUSE DE GENÈVE

Notre pacte interreligieux du 1er août 2016

Mandement du Jeùne genevois (8 septembre 2016)

Déclaration sur le climat (septembre 2015)

Appel pour la paix au Proche-Orient (21 juillet 2014)

Déclaration du 1er janvier 2011 au sujet de l’attentat contre une église copte d’Alexandrie

Déclaration du 1er janvier 2011 au sujet de l’attentat contre une église copte d’Alexandrie, Egypte

Nous croyons à l’ouverture de l’intelligence et du cœur. Pour nous, la religion apporte la paix intérieure et elle incite à rechercher la paix avec les autres. Face aux incompréhensions, aux intolérances et aux exclusions, nous désirons partager le même esprit d’ouverture, de disponibilité spirituelle, d’accueil de la richesse de l’autre et de respect de son identité. »

Telles sont les paroles qui introduisent la Charte de la Plateforme interreligieuse de Genève. Depuis près de vingt ans, cette association regroupe les représentants des principales familles religieuses présentes dans notre ville et canton de Genève. C’est pourquoi notre Plateforme n’hésite pas à s’associer à cette manifestation pour exprimer sa consternation et sa désolation face au massacre perpétré à Alexandrie contre une église copte. Cette communauté est aussi présente dans notre ville. Nous tenons à lui assurer notre soutien fraternel et partager sa douleur.

Nous condamnons cette violence qui a entraîné le meurtre gratuit d’êtres humains. Mais nous dénonçons aussi toutes les violations de la liberté de croyance et d’expression religieuse, partout où elles se produisent. Y compris en Suisse, notre pays. Nous persistons à penser que les religions sont des facteurs de paix. Mais nous sommes révoltés lorsqu’elles alimentent les fanatiques ou servent d’alibi à des politiciens sans scrupule. Les uns utilisent la religion dans un but criminel ; les autres comme alliée de leur mauvaise gouvernance. Rien ne sert de s’indigner de ce qui se passe ailleurs si nous ne sommes pas prêts de nous respecter à l’intérieur de nos réseaux locaux. Il faut chercher ensemble la paix, la justice et cette fraternité que certains parmi nous appellent amour et compassion. Si nous pleurons aujourd’hui avec celles et ceux qui pleurent, leurs souffrances nous mobilisent aussi. Plus que jamais, les objectifs défendus par notre Plateforme s’imposent. Notre souhait est de les voir partagés par le plus grand nombre de nos concitoyens.

Initiative constitutionnelle contre la construction des minarets

Déclaration du 10 décembre 2009

Le 1er octobre 2009, la Plateforme Interreligieuse de Genève qui regroupe les représentants des communautés bahá’íes, bouddhistes, chrétiennes, hindouistes, juives et musulmanes de ce canton s’était prononcée publiquement en accord avec le « Conseil suisse des religions » en faveur du rejet de l’initiative populaire contre la construction de minarets sur le territoire suisse.

Au vu des résultats du vote du 29 novembre dernier, notre Plateforme exprime sa profonde tristesse et sa préoccupation. Elle déplore surtout qu’un nouvel article d’exception discrimine une minorité religieuse de notre pays.

Cependant, elle veut aussi tenter de comprendre les raisons qui ont amené la majorité des votants à accepter cette initiative. Comme notre précédente déclaration le faisait entendre, notre Plateforme souhaite que la communauté musulmane puisse faire cette analyse dans le but de désamorcer les peurs ou les réticences que beaucoup de nos compatriotes éprouvent à son endroit. Mais cet effort est demandé aussi à tous les autres membres de notre Plateforme. Le dernier scrutin nous impose à développer davantage toutes les initiatives qui rapprochent les communautés, facilitent leurs rencontres et leur dialogue mutuel. Ce vote ne nous démobilise pas. Il devrait plutôt démultiplier nos énergies en vue d’établir dans notre canton et notre pays la paix confessionnelle, dans le respect de nos différences et de l’ordre public.

Fait à Genève, le 10 décembre 2009

Annonce du 1er octobre 2009

La Plateforme interreligieuse de Genève souscrit aux arguments qui ont amené le « Conseil suisse des religions » à rejeter l’initiative soumise au peuple suisse s’opposant à la construction de minarets. Une telle proposition, si elle était acceptée, pourrait compromettre sérieusement les contacts et tentatives de dialogue esquissés entre les représentants des communautés religieuses présentes dans notre pays. Elle mettrait aussi en danger la paix religieuse et sociale.

Établie à Genève, siège de l’ONU et du Conseil des droits de l’Homme, notre Plateforme est d’autant plus opposée à ce projet d’article constitutionnel qu’il est en contradiction flagrante avec « La Charte des Droits de l’Homme » qui reconnaît à chacun le droit de vivre et d’exprimer publiquement ses convictions dans le respect de l’ordre public.

Cependant, notre Plateforme (constituée de bahá’ís, de bouddhistes, de chrétiens, d’hindous, de juifs et de musulmans) estime que les craintes qui ont motivé cette initiative doivent être prises en considération. Elle souhaite, si c’est possible, entamer un dialogue avec les initiants pour élucider et analyser leurs motivations, dans l’espoir de dissiper les peurs qu’elles ont fait naître. Par ailleurs, notre Plateforme recommande à ses membres d’agir auprès de leurs coreligionnaires pour que soit respecté partout dans le monde le droit reconnu à chaque être humain de vivre la religion de son choix et même de l’exprimer publiquement.

Fait à Genève, le 1er octobre 2009

Annonce de février 2009 (Guerre à Gaza)

Alors que la guerre continue à Gaza et que des manifestations diverses se développent à son sujet dans notre pays et notre ville, la Plateforme Interreligieuse de Genève ne peut demeurer indifférente à ce conflit, surtout aux victimes innocentes qu’il génère.

Nous ne pouvons faire mieux, dans ces circonstances tragiques, que de reprendre l’Appel Spirituel de Genève :

« Parce que nos religions et nos convictions personnelles ont en commun le respect de la dignité de la personne humaine,
Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun le refus de la haine et de la violence,
Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun l’espoir d’un monde meilleur et juste,
Nous demandons aux décideurs planétaires, quel que soit leur champ d’activité, de ne pas invoquer une force religieuse ou spirituelle pour justifier la violence quelle qu’elle soit. »
Nous nous associons aussi à toute démarche spirituelle qui soutiendrait les efforts des artisans de justice et de paix, préparant ainsi dès aujourd’hui, au cœur même du conflit, la venue d’un monde fraternel au Proche-Orient.

Communiqué de presse du 2 décembre 2003 au sujet de l’Initiative de Genève

Réuni le 2 décembre 2003, le comité de la Plateforme interreligieuse de Genève accueille avec grande espérance l’Initiative de Genève. Cette Initiative indique un chemin vers des compromis propres à permettre la coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens, dans le respect les uns des autres.

Animé par le sentiment profond que la paix est le fondement de nos convictions religieuses, le comité s’engage à agir afin que l’esprit et le processus qui ont mené à cette Initiative soient mieux compris au sein des communautés chrétiennes, juives, musulmanes, hindoue, bouddhistes et baha’ie qui sont membres de la Plateforme – et de l’ensemble de la population.

Déclaration du 30 juin 2003: La Règle d’Or

Ne fais pas aux autres ce qui, fait à toi même, te causerait de la peine. (Mahabharata, 5, 49, 71)
Comme vous voulez que les gens agissent envers vous, agissez de même envers eux. (Jésus: évangile selon Luc 6,31)
Ce qui est détestable pour toi, ne le fais pas à ton prochain. C’est là toute la Loi, le reste n’est que commentaire.'(Hillel: Talmud bab, Shabbat 31a)
Aucun d’entre vous n’est vraiment croyant tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. (Muhammad: 13e des 40 Hadiths de Nawawi)
Ne blesse pas les autres avec ce qui te fait souffrir toi-même. (Bouddha: Sutta Pitaka, Udanavagga 5, 18)
Ne souhaitez pas aux autres ce que vous ne souhaitez pas à vous-mêmes.’ (Baha’u’llah: Kitab-i-Aqdas, 148)

Nous vivons une période de transition. Des événements dramatiques se succèdent dans le monde, certains plus médiatisés que d’autres, et l’humanité toute entière, des innocents ainsi que les dirigeants eux-mêmes, en subissent les conséquences. Ces événements ont des origines diverses – politiques, économiques, sociales ou religieuses – et souvent complexes. N’y a-t-il aucun moyen pour parvenir à franchir cette étape de l’évolution de l’humanité? Les relations humaines jouent un rôle primordial, dans leurs aspects concrets et pratiques. Dans ce cadre, nous pensons qu’une démarche commune et efficace est possible si elle est basée sur le respect de la Règle d’or. Cette règle est une base de l’éthique dans toutes les cultures et nous apparaît à tous essentielle pour l’humanité.

La Règle d’or est connue depuis la plus haute antiquité et constitue une base commune de toutes les religions et pensées, une norme fondamentale pour les relations entre êtres humains;

  • elle exclut la rivalité, la concurrence, l’accaparement, et constitue le dénominateur commun le plus important entre toutes les traditions;
  • elle a le prodigieux avantage de s’adresser à la conscience de chaque personne, croyante ou non, et à chaque communauté en tant que groupe;
  • elle a une valeur thérapeutique puissante;
  • elle a aussi une valeur éducative
  • La Règle d’or doit éveiller la conscience de chacun et toucher nos co-religionnaires au sein de nos communautés.
    • La Règle d’or est efficace par l’exemple, lorsqu’elle devient visible dans une vie, plus que par des ordonnances;
  • elle doit encourager une réflexion sur l’éducation personnelle. Elle implique toute une pédagogie de la personne;
  • elle doit être considérée comme un fondement de l’éducation des enfants;
  • elle doit être considérée comme un fondement de l’enseignement éthique dans les écoles.

Nous pensons que c’est l’oubli de cette Règle d’or qui est la cause de beaucoup de malheurs aujourd’hui.
Nous estimons qu’elle peut agir progressivement comme l’un des remèdes aux maux de l’humanité.

Le moment est venu pour notre Plateforme de rappeler la Règle d’or, qui constitue un lien entre toutes nos communautés. Nous sommes décidés à la raviver ensemble, car le fait de la connaître, de la propager et surtout de la vivre ne peut produire que des effets bénéfiques : en effet, elle n’a jamais été abrogée ni complètement oubliée. Elle demeure enracinée au fond de la conscience humaine et peut être acceptée par tous.

Elle doit être vécue. Et nous croyons à sa force si elle est soutenue par l’action.

Genève, le 30 juin 2003

Déclaration du 16 décembre 2001

Le monde est en crise; les événements du 11 septembre 2001 sont une manifestation supplémentaire de cette crise qui a sans doute permis à l’Occident d’en prendre une conscience plus profonde.

Nous, traditions baha’ie, bouddhiste, chrétienne, hindoue, juive et musulmane soussignées, membres de la Plateforme Interreligieuse de Genève constituée en association en octobre 1997, sommes particulièrement préoccupés par les événements et souhaitons présenter ensemble la déclaration qui suit.

La religion en elle-même n’est pas à la source de cette crise. Aucune religion n’incite fondamentalement à la violence. Les écritures religieuses sont établies dans un but pacifique. Elles appellent au respect de la vie humaine qui est un don de l’Éternel, apportent la paix intérieure et incitent à chercher la paix avec les autres.

Certaines interprétations erronées ou mal intentionnées peuvent cependant faire croire que la religion est source de violence. C’est ainsi que les religions ont souvent, malheureusement, été instrumentalisées dans le passé et le présent à des fins de pouvoir personnel ou d’autorité politique.

Les événements dans le monde sont les conséquences d’actions, de décisions ou d’attitudes humaines. Chaque société, qu’elle soit religieuse et/ou politique, et chaque individu doivent donc s’examiner eux-mêmes et prendre conscience de leurs responsabilités à l’égard de l’Éternel, de l’humanité toute entière et de la création.

Les communautés religieuses sont invitées au dialogue critique intra-communautaire afin de reconnaître leurs erreurs. Certaines personnes utilisent, malheureusement, les textes sacrés pour aviver la violence dans l’esprit des croyants par une interprétation tendancieuse des écritures. Nous dénonçons ces pratiques, qui devraient être condamnées par la communauté religieuse en question.

Les autorités politiques dans le monde doivent aussi faire un examen de conscience. La misère et l’ignorance sévissent dans la plus grande partie de la planète. Une injustice profonde est également ressentie dans beaucoup de pays, sans parler des manipulations politiques et économiques ainsi que de l’exclusion sociale. Tous ces facteurs contribuent à un climat d’incompréhension qui mène à l’intolérance, aux tensions et à la violence.

Au-delà de la tolérance, il faut aller vers le respect des autres. Nous nous engageons

  • à nous ouvrir à la culture des autres,
  • à les comprendre dans leurs propres termes,
  • et à les respecter dans leur identité.

C’est ainsi que nous éviterons les frustrations qui pourraient faire l’objet de manipulations. Nous ne croyons pas au choc des civilisations, mais au dialogue entre elles.

Chaque être humain, chaque vie a la même valeur. Nous déplorons tous les morts injustes et les actes de barbarie, même ceux, nombreux, dont les médias ne font pas mention.

Une solution à la crise dans le monde ne peut passer que par le respect de toutes les cultures, par une coopération active et responsable de tous dans le monde, et par une amélioration des conditions de vie sur toute la planète.

Nous, membres de la Plateforme Interreligieuse de Genève, «croyons à l’ouverture de l’intelligence et du coeur, à la liberté de qui s’engage dans l’aventure spirituelle.» «Conscients de nos responsabilités, nous nous engageons au service de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création.» (Extraits de la charte de la Plateforme Interreligieuse de Genève)

Genève, le 16 décembre 2001

Communauté Baha’ie, Église Catholique Chrétienne, Église Catholique Romaine, Centre Islamique de Genève, Fondation Culturelle Islamique, Communauté Israélite de Genève, Communauté Israélite Libérale, Église Evangélique Luthérienne, Patriarcat Orthodoxe, Église Protestante de Genève, Rissho Kosei-kai (bouddhiste), Centre Védantique, Communauté Vihara Bouddhiste.