L’invité: Jean-Claude Basset

Jean-Claude Basset

IMG_0084Extraits de la prédication prononcée le 6 juillet 2014 au temple de Châtelaine à l’occasion de son départ à la retraite. Fondateur le la Plateforme interreligieuse de Genève, mais aussi du Centre de liaison et d’information concernant les mouvements spirituels (CLIMS), le pasteur Basset avait invité à cette occasion des membres de ces deux associations pour ce moment de partage et de convivialité. Il a proposé une liturgie avec des textes de diverses traditions religieuses.

Et si Dieu n’était pas ce que je crois ?

La foi désertée ou absolutisée ?

Et si Dieu n’était pas ce que je crois ? Vous me direz qu’à la veille de prendre ma retraite, il serait temps de me poser la question ! C’est vrai que bien des personnes n’ont plus la foi, elles disent l’avoir perdue à la suite d’expériences malheureuses avec tel pasteur ou telle communauté, aussi ont-elles rayé Dieu de leurs préoccupations. D’autres sont carrément fâchées après Dieu qui n’a pas répondu à leurs attentes, leur ressentiment les a poussées à se tourner vers d’autres horizons. Alors que de plus en plus de personnes dans notre société désertent les églises parce qu’elles n’y voient pas d’intérêt, trouvent le langage de la foi incompatible avec l’état de nos connaissances, il en est d’autres qui misent tout sur Dieu et la compréhension qu’elles en ont, allant jusqu’à exclure les autres, croyants ou incroyants, qui ne partagent pas leur vision des choses ou n’appartiennent pas à leur communauté religieuse. Pas étonnant que la religion en général, et les religions organisées en particuliers, aient aujourd’hui mauvaise presse.

Diversité des perceptions de Dieu ou de l’absolu

Mais Dieu ? Voici quelques années déjà, j’ai été invité à écrire une lettre à Dieu qui a trouvé sa place dans un livre publié sous le titre « Lettres à Dieu ». Un exercice que je recommande à tout ceux d’entre vous pour qui Dieu demeure une question d’actualité. Pour moi, cela a été l’occasion de revenir sur mon propre cheminement et de mesurer à quel point ma perception a évolué depuis mon premier séjour en Inde où, avec mon épouse, je me suis trouvé confronté à des représentations de Dieu diverses voire contradictoires, hindoues et musulmanes, jaïnes et sikhes, bouddhistes et zoroastriennes. Par la suite, au gré de mes visites et de mes séjours, de mes lectures et de mes entretiens, j’ai réalisé combien ma vision de Dieu ou de l’absolu s’est trouvée enrichie, déplacée voire bousculée, sans que jamais ne soit remis en question mon attachement au message et à la personne de Jésus de Nazareth.

Des religions, pour le meilleur ou pour le pire ?

Plus j’avance, plus je réalise que les religions sont capables du meilleur et du pire ; du meilleur quand elles donnent un sens à l’existence humaine, quand elles créent du lien, promeuvent la valeur et la dignité de l’être humain ou défendent les démunis et les opprimés contre la loi du plus fort ou du plus riche ; mais du pire quand elles dressent les personnes et les peuples les uns contre les autres, quand elles prétendent détenir la vérité et l’imposer aux autres, quand elles favorisent le repli identitaire, excluent ou condamnent les dissidents, les athées ou les adeptes d’autres courants religieux, quand elles cautionnent l’injustice, l’abus de pouvoir et la violence.

Religion forteresse ou religion source de spiritualité ?

La question-clé, posée il y a une dizaine d’année dans le cadre d’un dialogue interreligieux organisé au Conseil Œcuménique des Églises avec la participation active de l’Église protestante de Genève, est de savoir si nous considérons les différentes traditions religieuses comme des forteresses identitaires ou comme des sources de spiritualité : des forteresses à défendre par tous les moyens parce que c’est là que réside notre salut ou des sources de sagesse, de valeurs et d’inspiration pour nourrir notre vie intérieure et orienter nos choix et nos priorités. De ce choix dépend largement le vivre ensemble, la solidarité et l’épanouissement de notre humanité.

De ce choix découle le rapport que nous entretenons avec notre héritage religieux, l’intérêt que nous portons aux autres traditions religieuses et la volonté que nous avons de nous engager ensemble au service de l’humanité. Les défis que nous affrontons dans le monde actuel, y compris les conflits ayant une connotation religieuse, sont trop graves et trop urgents pour que chaque communauté les aborde de son côté : nous avons besoin les uns des autres pour y faire face, nous encourager, nous interpeller et nous corriger.

Pour lire la prédication dans son entier, cliquez ici

Décalogue-dialogue

Béatitudes-dialogue

Les différentes prières de la liturgie à télécharger:

Prières améridienne & hindoue

Prières islam & bouddhiste

Prières améridienne & hindoue